Une mise au point s’imposait, et le président de l’Olympique Sport d’Abobo (FC OSA) n’a pas mâché ses mots. Alors que les gros titres s’enflamment autour du transfert d’Ousmane Diomandé pour environ 40 millions d’euros, beaucoup s’imaginent déjà que le club formateur ivoirien s’apprête à empocher l’intégralité des 5 % de la contribution de solidarité prévus par le règlement FIFA.
Mais la réalité du terrain est bien plus complexe. Amza Gamal démonte les fantasmes autour de ce pactole et en profite pour pousser un véritable coup de gueule sur la précarité des petits centres de formation africains.
Une part de gâteau à diviser entre 5 clubs
Contrairement aux idées reçues, les 2 millions d’euros correspondant aux 5 % du transfert ne tomberont pas intégralement dans les caisses d’Abobo. La contribution de solidarité est calculée au prorata du temps passé par le joueur dans chaque club entre ses 12 et 23 ans.
Pour Ousmane Diomandé, l’enveloppe doit être répartie entre cinq institutions distinctes :
FC OSA (Abobo)
SOL FC (Côte d’Ivoire)
FC Midtjylland (Danemark)
CD Mafra (Portugal)
Sporting CP (Portugal)

La règle est stricte : seule chaque période officiellement déclarée et enregistrée sur le passeport FIFA du joueur donne droit à une compensation. Qu’une seule journée ou une période de formation n’ait pas été formellement enregistrée à l’époque, et les droits financiers correspondants s’envolent tout simplement.
La Clearing House de la FIFA : Le coup de grâce administratif
Outre le morcellement de la somme, le président du FC OSA pointe du doigt un obstacle encore plus grand : la bureaucratie de la FIFA Clearing House (la chambre de compensation de la FIFA).
Présentée comme un outil de transparence, cette plateforme a en réalité transformé la récupération des indemnités en un véritable parcours du combattant. Entre la vérification administrative des passeports sportifs et la validation des flux financiers, les délais de versement s’allongent considérablement, oscillant entre plusieurs mois et plusieurs années.
“Cette situation pénalise avant tout les petits clubs africains. Nous avons des moyens administratifs limités alors que ces ressources financières nous sont indispensables immédiatement pour continuer à faire tourner nos centres et former les pépites de demain.” — Amza Gamal, Président du FC OSA
Derrière le transfert rutilant d’un international ivoirien au plus haut niveau européen se cache ainsi le parcours du combattant des clubs formateurs locaux, contraints de patienter dans les dédales administratifs de l’instance internationale pour obtenir leur juste dû.

Connect with us